Concours Ingénieuses 2024 : la Fondation Inria remet le prix de la femme du numérique 

La 14e édition de l’opération Ingénieuses, menée par la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) et lancée le 23 janvier dernier, a de nouveau mis en lumière les efforts des écoles d’ingénieur·e·s pour favoriser la mixité dans les sciences et technologies ainsi que des modèles inspirants de femmes et d’élèves ingénieures. 

21 mai 2024

Ce 16 mai 2024 s’est tenue la Cérémonie de remise des prix de l’opération Ingénieuses, avec l’intervention en clôture d’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. 

L’opération Ingénieuses initiée en 2011 par la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) veut contribuer à rendre les formations et métiers d’ingénieur·e·s plus mixtes et égalitaires entre les genres. Les écoles françaises d’ingénieur·e·s ainsi que toutes les femmes et élèves-ingénieures sont invitées à participer au concours afin de tenter de remporter un des dix prix en jeu

Cette édition 2024 a été marquée à son lancement en janvier dernier par la création, en partenariat avec la Fondation Inria et dans le cadre de la participation de la Cdefi au programme TechPourToutes, du prix de la femme du numérique. Un prix décerné à l’une des candidates élève ou femme ingénieure démontrant un parcours particulièrement inspirant dans le numérique, secteur dans lequel les femmes sont fortement sous-représentées. Il a été remis par Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de la Fondation Inria, à Marine Berthier, élève-ingénieure en mathématiques appliquées à l’Ensta Paris.

La création de ce prix est un événement hautement symbolique pour nous, puisqu’il accompagne la mise sur orbite de TechPourToutes dans une parfaite symbiose des calendriers. En tant que partenaire de l’opération Ingénieuses et chef de file du programme TechPourToutes, la fondation Inria a à cœur de créer une vraie dynamique autour de cette récompense en promouvant largement ce prix et en invitant un maximum d’étudiantes et de femmes ingénieures à y candidater.

Au total, ce sont dix prix qui ont été attribués .

Cinq prix aux écoles, d’une valeur de 500 euros chacun :  

  • Le prix du projet le plus original décerné à l’ISEP, pour son engagement dans le « Pacte FEMMES & IA – Pour une intelligence artificielle responsable et non-sexiste ». Porté par le Cercle InterElles dont il bénéficie de l’expertise, ce pacte a pour vocation de promouvoir et accompagner les organisations dans leur transition vers une IA responsable et non-sexiste à travers l’intégration de sept principes fondamentaux liés aux questions d’organisation, de ressources humaines et techniques. Dans ce cadre, l’ISEP a participé à la création d’un module pilote de sensibilisation aux biais de genre dans l’IA à destination des étudiants et des utilisateurs du numérique afin de les former aux enjeux de mixité, de diversité et d’égalité des genres dans le numérique.
  • Le prix de l’école la plus mobilisée décerné à l’IMT Mines Alès & IMT Mines Albi, pour leur projet « Exception’Elles ». Ce dispositif lancé en 2021 encourage l’entrepreneuriat chez les étudiantes ingénieures et promeut le leadership au féminin. Au programme : un weekend de bootcamp avec des ateliers, des jeux collaboratifs et des temps de réflexion, et un programme de marrainage auprès de cheffes d’entreprise. 
  • Le prix de l’engagement étudiant décerné à Polytech Annecy-Chambéry, pour le projet « Ingénieure Au Féminin ». Association étudiante qui vise à promouvoir les métiers de l’ingénierie auprès des lycéennes, collégiennes et élèves de primaire, Ingénieure Au Féminin déploie ses actions tout au long de l’année : interventions en établissements scolaires, organisation de tables rondes autour de la place des femmes dans les métiers de l’ingénierie, témoignages de rôles modèles étudiants…  
  • Le prix spécial du jury décerné à l’ESTACA ; pour son projet « Vulgarisation scientifique auprès des enfants ». Porté par l’association étudiante PEGASE, ce projet d’éveil aux activités scientifiques à destination des élèves de primaire propose des interventions hebdomadaires en école animées par des étudiant·e·s dans l’objectif de donner le goût des sciences aux enfants et susciter des vocations scientifiques, en particulier auprès des filles. Chaque année, pendant 12 séances, ils et elles montent et animent ainsi un projet de découverte et de création scientifique auprès d’une classe. Chaque classe expose à la fin de l’année son projet à l’occasion de l’Exposition PEGASE.  
  • Le prix du jury lycéen décerné à Junia ISA – Lille, pour son projet « Portraits de femmes scientifiques – Mission Chronos ».  La Mission Chronos est une séance d’histoire des sciences sous la forme d’une aventure immersive de 3 heures, au cours de laquelle des étudiant·e·s résolvent des énigmes pour retracer les contributions de grandes femmes scientifiques de renom. L’objectif est de les sensibiliser au manque de représentation féminine dans l’histoire des sciences et d’encourager la réflexion sur l’impact des stéréotypes de genre et l’importance de la diversité dans les disciplines scientifiques. 

Deux prix de l’élève-ingénieure (France et Afrique du Nord), co-créés avec l’Agence universitaire de la Francophonie, d’une valeur respective de 1 000 euros et 500 euros (et un séjour à Paris pour assister à la cérémonie) :  

  • le prix de l’élève-ingénieure France a été décerné à madame Fannie BICHEMIN, élève-ingénieure en électronique à l’ENSEA. Elle se distingue par son engagement pour l’inclusion et l’égalité des genres au sein de son école ou d’associations. En tant que trésorière du Bureau de la Solidarité de son école et responsable du pôle ENSEActiv’, Fannie a notamment mis en place de nombreuses actions de sensibilisation aux discriminations et à l’égalité des genres dans le monde professionnel. Son leadership et son engagement se manifestent également dans l’association robotique de son école ou encore dans la gestion d’une cafétéria étudiante.  
  • Le prix de l’élève-ingénieure Afrique du Nord a été décerné à madame Fatima ZAHRAE ES-SAIDI, étudiante en 2e année de cycle préparatoire à l’ENSA de Fès. Passionnée d’innovation et de technologie, elle est engagée dans l’autonomisation des jeunes filles dans les domaines des STEM à travers son implication dans l’initiative TechGirls. Parallèlement, elle crée des ressources spécifiques – ebook, podcast articles – visant à encourager les femmes dans ces domaines. Entrepreneure dans l’âme, elle développe également sa propre start-up alliant ingénierie et marketing digital, tout en travaillant sur un projet de plateforme de réalité virtuelle immersive pour sensibiliser les jeunes aux métiers de l’ingénierie.

Deux prix de la femme ingénieure, d’une valeur de 500 euros chacun :  

  • le prix de la femme ingénieure senior a été décerné à madame Léna HARIKIOPOULOS-CORDOVA, diplômée de Centrale Nantes, actuellement fondatrice, présidente et ingénieure-consultante chez Consequally, un cabinet de conseil et de formation spécialisé dans la promotion de l’égalité professionnelle et le développement d’une culture inclusive dans les secteurs à prédominance masculine tels que la construction, l’ingénierie, les mobilités et l’énergie. Actrice engagée, elle intervient dans de nombreuses associations et projets pour promouvoir l’égalité, la mixité et l’inclusion des femmes dans les milieux des STEM, de l’entrepreneuriat ou encore du BTP. Elle intervient notamment en tant que mentor auprès de l’École centrale de Nantes, STEM4ALL et de l’association La puissance du lien. 
  • Et le prix de la femme ingénieure junior a été décerné à madame Mylène TAHAR, diplômée de Bordeaux INP – ENSEIRB-MATMECA, actuellement consultante indépendante en égalité professionnelle. Passionnée, elle met ses compétences au service de la promotion de la parité femmes-hommes dans le secteur de la technologie. Son objectif est de créer des environnements de travail inclusifs et performants, où chacun peut s’épanouir et contribuer pleinement à la réussite des projets, notamment à travers des ateliers de formation et de sensibilisation ludiques et collaboratifs. 

Un prix de la femme du numérique, créé en partenariat avec la Fondation Inria, d’une valeur de 500 euros a été décerné à madame Marine BERTHIER, élève-ingénieure en mathématiques appliquées à l’ENSTA Paris. Classée parmi les cinq meilleurs de sa promotion en data science dès sa première année, elle poursuit actuellement son parcours académique en suivant un double diplôme avec l’Institut royal de technologie de Suède KTH. Présidente de l’association féministe SisTA, elle s’engage activement pour la sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles et pour encourager les jeunes filles à s’intéresser aux carrières scientifiques.  

Avec 221 candidatures reçues (55 projets menés par 49 écoles et campus, 80 élèves-ingénieures, 19 élèves-ingénieures Afrique du Nord et 67 femmes ingénieures), cette édition 2024 du concours Ingénieuses est un réel succès que la Fondation Inria s’engage à amplifier au fil des prochaines années en contribuant à valoriser l’opération au sein d’Inria et de ses équipes, auprès de ses ingénieures, étudiantes ou en poste. 

Focus sur les nominées  

Les écoles nominées sont : 

  • l’ESTACA, pour son projet « Vulgarisation scientifique auprès des enfants » ; 
  • le groupe IMT, pour son projet « Programme AMBASSADRICES » ; 
  • l’IMT Mines Alès et l’IMT Mines Albi, pour leur projet commun « Exception’Elles » ; 
  • l’ISEP, pour son projet « Pacte « FEMMES & IA » – Pour une intelligence artificielle responsable et non-sexiste » ; 
  • JUNIA, pour son projet « Portraits de femmes scientifiques – Mission Chronos » ; 
  • Polytech Annecy-Chambéry, pour son projet « Ingénieure au féminin » ; 
  • Polytech Grenoble, pour son projet « Plan de sensibilisation sur le Harcèlement et les Violences sexistes et sexuelles à l’ensemble des élèves ingénieurs de l’école ». 

Les nominées élèves-ingénieures France sont : 

  • Marine BERTHIER, élève-ingénieure en mathématiques appliquées à l’ENSTA Paris ; 
  • Fannie BICHEMIN, élève-ingénieure en électronique à l’ENSEA ; 
  • Salma GUENNOUNI, élève-ingénieure en mathématiques appliquées à l’ENSTA Paris ; 
  • Leen JETHA, élève-ingénieure en systèmes informatiques pour le transport aérien à l’ENAC. 

Les nominées femmes ingénieures sont : 

  • Floriane GEOFFROY, diplômée de l’INSA Toulouse, ingénieure Cloud chez Air France ; 
  • Léna HARIKIOPOULOS-CORDOVA, diplômée de Centrale Nantes, fondatrice, présidente et ingénieure-consultante chez Consequally ; 
  • Sandrine IMBERT, diplômée de Polytech Nice Sophia, actuellement SOC Vérification et Design for Test Manager chez STMicroelectronics ; 
  • Laure PAGNIEZ, diplômée de l’ECE, actuellement Technical Program Manager for Sovereign Cloud Operations chez Microsoft ; 
  • Mylène TAHAR, diplômée de Bordeaux INP – ENSEIRB-MATMECA, consultante indépendante en égalité professionnelle. 

Le programme TechPourToutes en orbite !

Le 19 juillet dernier, le programme TechPourToutes était lancé à l’occasion d’un webinaire exceptionnel. Réunissant quelque 160 représentant.e.s d’organisations activement engagé.e.s pour la féminisation des filières de formations et métiers du numérique, cette réunion avait pour objectif de leur présenter le programme ainsi que les moyens consentis par l’État pour le mettre en place mais aussi, et surtout, d’inviter l’ensemble des acteurs de l’écosystème à rejoindre TechPourToutes et à participer à son bon déploiement.

24 juillet 2023 / mis à jour le 7 février 2024

Faire (éco)système pour (enfin) faire bouger les lignes

Face à la pénurie critique de talents féminins dans les filières et métiers techniques du numérique en dépit des très nombreuses initiatives pour sensibiliser les jeunes filles à ces métiers d’avenir, le programme TechPourToutes vise à proposer un accompagnement à 360° aux jeunes femmes qui souhaitent commencer ou poursuivre des études supérieures dans le numérique en leur apportant l’ensemble des moyens et ressources qui leur manquent, du lycée jusqu’à leur insertion professionnelle. L’objectif ? 10 000 jeunes femmes accompagnées d’ici à 2026-2027. Un passage à l’échelle extrêmement ambitieux qui repose tout entier sur le front commun que le programme parviendra à créer entre tous les acteurs engagés au service d’une meilleure représentation des femmes dans le numérique.

«Face à l’hyperfragmentation des initiatives qui coexistent aujourd’hui, nous avons la conviction que c’est en faisant écosystème que nous pourrons faire bouger les lignes, tous ensemble.»

Des groupes de travail pour coconstruire et opérationnaliser 

C’est justement pour susciter ce front commun et achever de coconstruire le programme dans toutes ses composantes que la réunion du 19 juillet a donné le coup d’envoi à cinq groupes de travail qui seront installés en septembre 2023. Reposant sur l’implication et l’expertise des acteurs issus du monde académique, de l’entreprise et du monde associatif, ces groupes couvriront cinq thématiques : 

  • Groupe 1 : Formalisation des briques constitutives du programme 
  • Groupe 2 : Arrimage au lycée et sourcing 
  • Groupe 3 : Sourcing dans le supérieur 
  • Groupe 4 : Implication des universités et des écoles 
  • Groupe 5 : Insertion professionnelle 

Vous souhaitez y prendre part ? C’est tout à fait possible ! Il vous suffit pour cela de nous écrire à techpourtoutes@fondation-inria.fr.

Un programme intégré dans le plan Toutes et tous égaux

Déployé dans le cadre du Plan Égalité femmes-hommes du gouvernement « Toutes et tous égaux », le programme TechPourToutes est piloté par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Son animation est confiée à la Fondation Inria, avec le soutien actif de ses partenaires fondateurs Femmes@Numérique, France Universités, la Cdefi et la CGE.

Construit avec l’aide d’un mécénat de compétence de la part d’Accenture, le programme bénéficie également d’un soutien du Groupe La Poste, mécène de la Fondation Inria, et du MESR, qui apporte un soutien institutionnel majeur.

Rejoignez-nous!

Entreprises ou particuliers, soyez vous aussi un acteur de la féminisation de la tech et engagez-vous aux côtés de la Fondation Inria en faveur du programme TechPourToutes. L’équipe de la fondation est à votre écoute pour construire avec vous un projet philanthropique sur-mesure dans le respect de vos ambitions et de vos valeurs.

Associations, collectifs ou institutions, démultipliez votre impact en prenant part à ce programme d’envergure. Vous qui êtes engagés en faveur de la promotion des femmes dans le secteur du numérique ou de l’égalité des chances, aidez-nous à faire bouger les lignes !

Des questions ? Un projet ? Contactez-nous à techpourtoutes@fondation-inria.fr.

[VIDÉO] Réunion de lancement du programme TechPourToutes 

TechPourToutes : un programme d’envergure pour amener les jeunes femmes vers les formations et les métiers du numérique

Favoriser l’accès des jeunes femmes dans les filières du numérique pour faire face au déficit de talents féminins de ce secteur d’avenir ? C’est l’ambition du programme TechPourToutes annoncé le 16 juin 2023 par la Première ministre Elisabeth Borne au salon VivaTech. Animé par la Fondation Inria, avec ses partenaires fondateurs Femmes@Numérique, France Universités, la Conférence des grandes écoles (CGE) et la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi), et piloté par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et la ministre déléguée auprès de la Première ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, ce programme d’envergure a pour objectif de proposer un accompagnement à 360° aux jeunes femmes qui souhaitent commencer ou poursuivre des études supérieures dans le numérique en leur apportant l’ensemble des moyens qui leur manquent, du bac jusqu’au premier emploi.

16 juin 2023 / mis à jour le 18 janvier 2024

Numérique, où sont les femmes ?

Alors que le monde se transforme rapidement, façonné par les nouvelles technologies et leurs nouveaux usages, le numérique favorise l’émergence de nombreux nouveaux métiers et ne cesse de recruter dans tous les domaines. Pourtant, le secteur fait face à une pénurie critique de talents féminins – un constat d’autant plus préoccupant que de nombreuses initiatives s’appliquent depuis des années à inverser cette tendance, hélas sans succès. Ainsi, en France, selon l’Opiiec, on ne compte que 30 % de femmes dans le numérique et moins de 20 % d’entre elles exercent leur métier dans des fonctions techniques. Plus alarmant encore, selon le volet Adolescent/Étudiants de l’étude GenderScan de 2021, seulement 7 % des adolescentes souhaitent s’orienter vers le numérique, contre 29 % des garçons. Pourtant, lycéennes, lycéens et parents s’accordent sur le fait que les métiers du numérique sont des métiers d’avenir (Odoxa – Talents du numérique, 2021) et la proportion de filles intéressées par les filières du numérique monte à 17 % après une formation scolaire au numérique et à 24 % après une formation extra-scolaire (GenderScan, 2021). 

Un principe d’action : faire système

Face à ce constat sans appel, le programme TechPourToutes procède d’une conviction forte : faire (éco)système pour (enfin) faire bouger les lignes. Loin d’être une simple initiative qui s’ajouterait aux autres, TechPourToutes s’inscrit résolument en pleine complémentarité avec les opérateurs existants et jette un pont entre l’amont (sensibilisation des collégiennes et lycéennes, aide à l’orientation…) et l’aval (accompagnement à l’intégration professionnelle). Il favorise ainsi le chaînage des initiatives de bout en bout, de la fin du collège jusqu’au 1er emploi, dans une logique de « parcours » et de continuum bac -3/bac +3, et vise à accroître leur impact pour augmenter significativement le nombre de jeunes femmes s’engageant dans les filières de formation au numérique. L’objectif ? Créer un front commun de tous les acteurs engagés au service d’une meilleure représentation des femmes dans le numérique pour favoriser un passage à l’échelle reposant tout entier sur une dynamique assumée de coalition. 

Plus que le seul enjeu de la parité, le défi est immense et concerne la société toute entière. Car TechPourToutes répond à quatre enjeux majeurs, d’ordres social, éducatif, économique, aussi bien qu’éthique : 

  • exploiter le potentiel d’émancipation du numérique pour permettre aux femmes d’accéder à des métiers d’avenir leur garantissant une autonomie financière, la maîtrise de leur « destin numérique » et une capacité d’influence dans le monde contemporain ; 
  • accompagner le mouvement d’élargissement nécessaire de l’offre de formations dans le numérique face aux besoins socio-économiques croissants ; 
  • répondre aux besoins de recrutement énormes du secteur du numérique en ciblant les métiers « numérisants » (plutôt que numérisés), où les femmes sont largement sous-représentées et contribuer ainsi à une plus grande performance du secteur ; 
  • contribuer à une culture de l’égalité dans la tech et participer à la construction d’un numérique non genré et inclusif et à l’émergence d’une société numérique de la confiance.

TechPourToutes : un dispositif d’empowerment à 360° pour accompagner les talents féminins dans leur formation au numérique

Concrètement, le programme a pour objectif principal de renforcer les parcours de formation des jeunes femmes titulaires du bac (professionnel, technologique, général) ou d’un DAEU qui souhaitent commencer ou poursuivre des études supérieures dans le numérique, toutes formations confondues – du BTS à la grande école – en leur apportant les moyens qui leur manquent (confiance en soi, réseaux, ressources matérielles…) pour accéder aux formations visées, s’y intégrer durablement (en évitant les décrochages) puis s’insérer dans les meilleures conditions dans l’univers professionnel. 

Afin d’amplifier le vivier des jeunes filles accompagnées depuis le bac, l’inscription au programme sera possible à tout moment, jusqu’à 25 ans, avec un appui pouvant aller jusqu’au master 2. Ceci suppose notamment que les passerelles entre différentes formations, scientifiques ou non, et les formations au numérique soient développées, et qu’une attention particulière soit portée aux étudiantes décrocheuses. 

Parce qu’il prend ses racines dans le milieu scolaire pour faire le lien avec les études supérieures dans un continuum bac -3/bac +3, parce qu’il s’efforce de détecter au plus tôt les jeunes filles exprimant un intérêt pour le numérique et de les prendre par la main jusqu’à leur choix sur Parcoursup, parce qu’il constitue en lui-même une motivation supplémentaire pour les jeunes femmes hésitant à s’orienter vers ces formations au moment du lycée, le programme TechPourToutes veut contribuer à augmenter significativement le nombre de femmes – et particulièrement les plus défavorisées d’entre elles – dans les formations au numérique en France.

« Ma conviction est simple : les bonnes idées n’ont pas de genre, il n’y a pas de filières masculines ou féminines : nous avons besoin de l’imagination, des idées, des talents de chacun et de chacun, et je le dis d’autant plus que nous sommes à un tournant. Avec les transitions écologique, énergétique, numérique, les grands défis de demain demandent des scientifiques, des ingénieures, des entrepreneures. Et nous menons un effort sans précédent pour la formation dans les secteurs d’avenir, notamment le numérique. »

Rejoignez un consortium de partenaires et d’entreprises engagés

Piloté par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et la ministre déléguée auprès de la Première ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, le programme TechPourToutes est inscrit dans le volet « Culture de l’Égalité » du Plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes présenté en mars 2023. L’animation en est confiée à la Fondation Inria avec ses partenaires fondateurs Femmes@Numérique, France Universités, la Conférence des grandes écoles (CGE) et la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi). 

Construit avec l’aide d’un mécénat de compétence de la part d’Accenture, le programme bénéficie également d’un soutien du Groupe La Poste, mécène de la Fondation Inria.

Et pourquoi pas vous ?

Vous êtes une entreprise ? Un particulier ? Engagez-vous à nos côtés et apportez votre soutien à la Fondation Inria en construisant un mécénat qui s’aligne avec vos ambitions et vos valeurs. 

Vous êtes une association engagée pour la féminisation des filières du numérique ou spécialisée dans le mentorat et vous souhaitez démultiplier votre impact ? Prenez part à ce programme d’envergure et aidez-nous à faire bouger les lignes ! 

L’équipe de la fondation est à votre écoute ! 

Écrivez-nous à techpourtoutes@fondation-inria.fr

[VIDÉO] Tech pour toutes : intervention d’Élisabeth Borne au salon VivaTech

Crédits photo : AFP

Bruno Sportisse et Olivier Vallet : «Construire la confiance dans le numérique au quotidien » 

15 juin 2023 / mis à jour le 4 juillet 2023

Comment construire la confiance dans le numérique au quotidien ? C’est pour aborder ce sujet clé que Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de la Fondation Inria, et Olivier Vallet, PDG de Docaposte, étaient au micro d’Acteurs publics à l’occasion du salon VivaTech 2023. Omniprésent dans nos vies, le numérique a aujourd’hui profondément changé notre quotidien, de nos modes de communication et de consommation à notre manière de participer à la vie démocratique. Pourtant, si les usages numériques ne cessent de croître, près de la moitié des Français n’ont pas confiance dans les services en ligne qu’ils utilisent quotidiennement, selon le dernier Baromètre de la confiance des Français dans le numérique de l’Acsel. 

C’est pour cela qu’en avril 2023, la Fondation Inria, Docaposte (Groupe La Poste) mais aussi la Caisse des Dépôts et l’ANSSI signaient une tribune dans La Tribune et lançaient un appel à développer des services de confiance pour une vie numérique sereine au quotidien à travers l’initiative #ConfianceNumériqueDuQuotidien. 

Avec l’ambition de construire un écosystème numérique d’acteurs responsables et souverains, l’initiative #ConfianceNumériqueDuQuotidien cherche à dessiner les contours d’une société numérique sereine où règne la confiance grâce à des services numériques éthiques et responsables. Elle se poursuit ainsi à travers un ensemble d’actions déployées dans différents territoires et une grande campagne de sensibilisation qui se déploiera partout en France en utilisant les réseaux de proximité du groupe La Poste et tous les points de contact qui permettent de faire le lien entre le numérique et la « vraie » vie des personnes. L’objectif : aller à la rencontre des Français et les consulter largement pour identifier les leviers à même de restaurer leur confiance dans les services numériques.

« Ce qui est important, c’est d’aller à la rencontre des utilisateurs du numérique qui ne sont pas tous spécialistes, mais qui sont des usagers qui peuvent être dans n’importe quel territoire et dans n’importe quel cas d’usage. »

Réseaux sociaux, ce que nos traces révèlent

Les relations humaines que nous entretenons ont été transformées par l’avènement du numérique, mais surtout des réseaux sociaux. Serge Abiteboul, directeur de recherche chez Inria et membre du conseil administratif de la Fondation Inria, se questionne dans cette tribune parue dans L’Humanité Magazine sur l’évolution de notre rapport à l’autre – et à nous-mêmes – à travers ces réseaux sociaux numériques à la fois vecteur d’opportunités et de risques.

24 mai 2023

Le 29 décembre 2022, la Cnil sanctionnait le réseau social TikTok pour un montant de 5 millions d’euros. Les raisons ? Une plateforme qui rendait difficile de refuser les cookies et un manque de transparence sur leur utilisation. 

Quiconque navigue sur les réseaux sociaux laisse des traces numériques qui témoignent de la richesse de ses identités. Car un réseau social est avant tout une grande base de données qui stocke les contenus produits par ses utilisateurs mais aussi leur profil, leur historique de consultation, leurs réactions aux contenus et publicités qui leur sont proposés, etc. Ainsi, nous partageons de plus en plus de choses sur nos vies, que cela soit fait volontairement ou inconsciemment, et cela pour le plus grand plaisir des plateformes qui font de ces données leur principale source de revenus. Et le risque n’est pas des moindre : aujourd’hui, une plateforme comme Facebook est capable de déterminer avec une forte probabilité l’orientation sexuelle, religieuse ou politique de ses utilisateurs.

« Un utilisateur n’a le plus souvent aucune idée de tout ce qu’on sait de lui. »

Les réseaux sociaux ont donc une part de risque pour leurs usagers qu’on ne peut pas négliger : une gestion des données personnelles douteuse qui manque de transparence, mais aussi un risque de harcèlement renforcé par l’anonymat et le pseudonymat que confère ces réseaux. 

Mais ne pourrions-nous pas plutôt trouver les moyens de mieux réguler nos réseaux sans pour autant les diaboliser et oublier le lien social et les opportunités qu’ils nous offrent ? C’est le point de vue que défend Serge Abiteboul dans cette tribune pour L’Humanité Magazine. Car au-delà du risque, les réseaux sociaux sont autant d’opportunités de nous lier à nos proches, de militer et d’agir pour le bien commun ou encore d’explorer notre créativité.

« Les réseaux sociaux nous donnent l’occasion de montrer notre intelligence, notre créativité, notre gentillesse, notre humour. »

Crédits iconographiques : Pexels

Benjamin Ninassi (Inria) : «La croissance numérique actuelle n'est pas soutenable»

17 mai 2023

4 % des émissions globales de CO2. C’est ce que représente aujourd’hui l’impact environnemental du numérique, un chiffre qui pourrait tripler d’ici 2050 selon les estimations de l’Arcep et de l’Ademe. 

En effet, le numérique est de plus en plus présent dans toutes les sphères de notre société et plusieurs études prévoient une progression des objets connectés de 34 milliards aujourd’hui à 45 milliards d’ici 2025. Ce chiffre est alarmant quand on sait qu’environ 80 % de l’impact du numérique provient de la fabrication des équipements et que leur durée de vie est de 3 à 4 ans aujourd’hui, contre 7 à 9 ans dans les années 1980. 

Tel est le tableau que dresse Benjamin Ninassi, adjoint au responsable du programme « Numérique et Environnement », dans cette interview parue dans L’Usine nouvelle. 

S’interroger sur l’impact environnemental du numérique est un enjeu de recherche majeur chez Inria. En effet, le numérique représente une opportunité considérable pour accélérer et faciliter la transition écologique dans de nombreux secteurs, comme l’agriculture et l’industrie. Dans le même temps, la transition écologique du numérique lui-même reste à faire. Elle devra pour cela mobiliser une approche pluridisciplinaire, mêlant sciences et technologies du numérique et sciences sociales, car au-delà de l’optimisation de nos outils, repenser nos usages du numérique reste la clé.

Crédits photo : Inria / Photo G. Scagnelli

Une tribune pour encourager le développement d’un numérique de confiance

20 avril 2023 / mis à jour le 10 mai 2023

Que ce soit dans la sphère professionnelle ou dans la sphère personnelle, le numérique est aujourd’hui omniprésent dans nos vies et a profondément changé nos modes de communication et de consommation ainsi que notre manière de participer à la vie démocratique. Or, si les usages numériques ne cessent de croître, près de la moitié des Français n’ont pas confiance dans les services en ligne qu’ils utilisent pourtant quotidiennement, selon le dernier Baromètre de la confiance des Français dans le numérique de l’Acsel. 

Face à ce constat, la Fondation Inria s’associe à Docaposte (Groupe La Poste), la Caisse des Dépôts et l’ANSSI dans une tribune publiée dans La Tribune et lance un appel à développer des services de confiance pour une vie numérique sereine au quotidien. 

À travers l’initiative #ConfianceNumériqueDuQuotidien que porte cette tribune, les cinq signataires invitent tous les autres acteurs et organisations inscrits dans le quotidien des Français, mais aussi l’ensemble des citoyens, à prendre part à la construction d’un écosystème d’acteurs responsables et souverains. Ensemble, ils souhaitent défendre une ambition forte : dessiner les contours d’une société numérique sereine où règne la confiance grâce à des services numériques éthiques et responsables. 

« La confiance numérique ne doit pas être un sujet réservé aux experts ou aux décideurs politiques. C’est un enjeu citoyen, auquel chacun doit pouvoir s’intéresser et contribuer pour être acteur de son destin numérique. Nous voulons montrer que des alternatives existent, et nous considérons que notre responsabilité est d’accompagner et d’innover pour améliorer la vie des Françaises et des Français. »

Bruno Sportisse : « Pour garder la maîtrise de l’IA, renforçons la recherche, la formation et l’innovation dans le numérique ! »

29 mars 2023 / mis à jour le 10 mai 2023

Dans cette tribune publiée dans Le Figaro, Bruno Sportisse, PDG d’Inria, partage son point de vue sur la stratégie que la France devrait adopter pour s’imposer dans la course à l’IA et asseoir sa souveraineté numérique. 

Le succès récent d’OpenAI et de ChatGPT, tout droit venus des États-Unis, a remis l’intelligence artificielle et le numérique au cœur des débats. Une opportunité pour la France, selon Bruno Sportisse, de renforcer son engagement dans la course au numérique, tout en s’interrogeant sur son sens, les progrès technologiques pouvant à la fois proposer des solutions mais aussi soulever de nouvelles questions d’ordre éthique et sociétal. 

Pour lui, la France doit adopter une vision à long terme et une stratégie construite autour de trois axes structurants : investir dans la recherche, dans la formation, et développer un tissu entrepreneurial et industriel dynamique. C’est cette création d’un écosystème fort autour du numérique qui pourra, selon le PDG d’Inria, permettre à la France de renforcer sa souveraineté numérique et de s’imposer à l’international comme un acteur clé du numérique.

« C’est une stratégie d’écosystème, qui doit maîtriser parfaitement les caractéristiques de chacune de ses composantes et dont chaque composante sait qu’elle fait partie d’un tout : le temps de la recherche n’est pas celui d’une start-up, les modalités de financement de la formation ne sont pas celles du capital-risque (…). C’est cette stratégie, abolissant les couloirs et les silos toujours enclins à se reconstruire, qui est gagnante sur le long terme. »

Crédits photo : Inria / Photo W. Parra