Taxe d’apprentissage : financez une boursière TechPourToutes

22 mai 2026

Et si votre taxe d’apprentissage finançait la féminisation de la tech ?

Choisir TechPourToutes, c’est investir dans le vivier de talents dont vos équipes auront besoin demain — et contribuer à bâtir une tech plus inclusive, plus performante, plus souveraine.

Seulement 13 % des diplômé·es des filières numériques sont des femmes. Ce chiffre n’est pas une fatalité : c’est le résultat d’obstacles systémiques que des actions concrètes peuvent lever. Les Bourses TechPourToutes sont l’une d’elles.

Avec la sous-représentation des femmes dans la Tech, nous nous privons d’un levier de performance majeur au moment où l’IA transforme nos économies et nos entreprises. C’est également le ressort d’une inégalité des chances, au détriment des femmes. Il est enfin inquiétant que les IA de demain soient conçues et développées quasi exclusivement par des hommes, dans des environnements quasi exclusivement masculins.

Dès le 26 mai, transformez votre taxe d’apprentissage en bourse pour une future femme de la tech !

Lancées dans le cadre du programme national TechPourToutes, piloté par la Fondation Inria, ces bourses s’adressent aux lycéennes et étudiantes boursières CROUS qui s’orientent vers les métiers techniques du numérique. Sur dossier et jury, elles représentent une valeur jusqu’à 7 000 € d’aide non fléchée, cumulable avec les bourses d’État — une liberté d’usage, sans lourdeur administrative. Chaque boursière bénéficie en outre d’un suivi personnalisé par le programme TechPourToutes et d’une mise en réseau avec les entreprises engagées dans le programme.

La première période est ouverte du 26 mai au 21 août 2026 : c’est la fenêtre prioritaire, celle qui déterminera le nombre de bourses garanties pour la rentrée 2027.

Cette première année, jusqu’à 25 bourses pourront être attribuées — en fonction des fonds collectés. Chaque fléchage compte directement.

Votre entreprise peut financer ces bourses via le solde de votre taxe d’apprentissage, en quelques clics sur la plateforme nationale SOLTéA. Rendez-vous sur https://employeurs.soltea.education.gouv.fr, recherchez « Fondation Inria » (SIRET : 82917609800012) et définissez le pourcentage du solde à allouer (jusqu’à 30 %).

« Il n'y a pas qu'un seul profil pour faire du numérique » : rencontre avec Lolita Aboa, prix de la femme du numérique du concours Ingénieuses 2025

Le 15 mai 2025, Lolita Aboa, élève-ingenieure en informatique et statistiques à Polytech Lille, a reçu le Prix de la femme du numérique lors de l’édition 2025 du concours ingénieuses. Organisé par la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi), ce concours met en lumière des parcours féminins d’exception dans un secteur où les femmes demeurent encore largement sous-représentées. Pour la deuxième année consécutive, ce prix, qui s’inscrit dans le cadre du programme TechPourToutes, distingue une élève ou une ingénieure dont l’engagement et les réalisations contribuent activement à faire évoluer le numérique. Portrait de Lolita Aboa, une lauréate au parcours inspirant.

23 juin 2025

Ton histoire du Cameroun à Polytech Lille montre une incroyable determination. Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a menée vers le numérique ? Comment as-tu surmonté les éventuels freins et doutes dans ce domaine que l’on sait très masculin ?  

Née au Cameroun et ayant grandi dans un quartier prioritaire de Toulon, j’ai développé, très tôt, un sens des responsabilités, qui m’a conduite à m’engager pour l’égalité des chances. Mon intérêt pour le numérique, lui, est né bien plus tard, presque par hasard. Le déclic s’est fait en dernière année de mon DUT de journalisme. J’ai décidé de me spécialiser en web et l’un de mes professeurs nous a invité à participer à une réunion nationale autour du data journalisme. C’était une journée extraordinaire, je redécouvrais les chiffres que j’avais abandonnés depuis longtemps, les journalistes manipulaient graphiques, tableaux de bord, données… Même si je ne comprenais pas tout, je me suis dit : “Moi aussi, je veux faire ça, comprendre ces chiffres, ces graphiques…”..  

N’ayant pas de bagage scientifique, j’ai décidé de tout recommencer en DUT en data, malgré mes faibles ressources financières et le contexte difficile lié au COVID. La réorientation a été rude, mais je me suis accrochée. Mes professeurs m’ont véritablement transmis leur amour des chiffres. Ils m’ont contaminée, littéralement. L’alternance m’a ensuite offert une première immersion concrète et a renforcé ma volonté d’aller plus loin. Animée par la fierté de viser ce que je croyais hors de portée, j’ai décidé de poursuivre dans une école d’ingénieur. C’est ce parcours qui m’a amené à intégrer, en 2022, Polytech Lille.

Ce n’était pas tant le côté masculin du domaine qui me freinait, mais plutôt l’idée que je ne serais pas crédible. Soutenue par mon compagnon et certains professeurs, j’ai réussi à transformer mes doutes en moteur de réussite.

Lors de ta dernière expérience professionnelle, tu as travaillé à la croisée de la data science et de l’intelligence artificielle, en développant des outils d’automatisation et d’analyse pour la santé. Peux-tu nous en dire plus sur ces projets ? Quels défis techniques ou éthiques as-tu rencontrés en travaillant sur des données de santé, et qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur le rôle de l’IA dans ce secteur ?

En alternance chez AXA, j’ai travaillé sur des projets mêlant actuariat, data science et intelligence artificielle, notamment autour de la prévoyance santé. L’enjeu principal était d’automatiser des calculs complexes, initialement faits manuellement par les actuaires, afin d’évaluer les risques et définir les provisions financières à anticiper pour les entreprises clientes. Cela impliquait de modéliser en Big Data des contrats, en utilisant Python, Spark et l’environnement Databricks sur Azure. Ce fut un défi technique, surtout sans formation initiale dans le domaine.

Cette expérience m’a fait prendre conscience de l’importance cruciale, aujourd’hui, de maîtriser les outils numériques et les algorithmes. C’est une véritable responsabilité citoyenne. On ne peut plus détourner le regard : l’intelligence artificielle est là, et il est essentiel de comprendre son fonctionnement pour rester acteurs de ses usages. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’IA : il s’agit de savoir, comprendre et agir. C’est aussi pourquoi il est fondamental d’encourager les femmes à investir ces domaines, pour qu’elles participent pleinement à façonner un numérique plus juste, plus inclusif et plus éclairé.

Tu es lauréate du prix Femme du numérique décerné dans le cadre du concours Ingénieuses 2025.Qu’est-ce que ce prix représente pour toi ? Et que signifie être une femme dans le numérique aujourd’hui ?

Ce prix est une reconnaissance précieuse de mon parcours atypique. Devenir ingénieure sans être passée par une prépa, sans passion initiale pour les maths, c’est possible et aujourd’hui, je me sens un peu plus légitime. Être une femme dans le numérique, c’est aussi porter un message d’ouverture : il n’existe pas un seul profil pour réussir dans ce domaine. C’est ce message que j’ai envie de partager.

Ainsi, comment permettre à plus de jeunes filles de se sentir « légitimes », selon toi ?

Il faut des programmes comme TechPourToutes, qui donnent au jeunes femmes les moyens de s’orienter vers ces métiers. Dès le début de mon parcours dans le numérique, j’ai rejoint ce type d’initiatives. Il est essentiel de faire découvrir nos métiers aux filles, en particulier à celles issues des zones rurales ou des quartiers prioritaires. Ces actions leur permettent de se projeter, de comprendre la richesse des métiers qui se cachent derrière les mots « ingénieur » ou « numérique », et surtout de réaliser que ce n’est pas réservé à une élite. C’est une responsabilité collective : en tant que spécialistes du numérique, nous devons prendre le temps de présenter nos métiers à celles qui, souvent, n’en soupçonnent même pas l’existence

Quel message aimerais-tu transmettre aux jeunes filles qui souhaitent se lancer dans les domaines scientifiques ou technologiques ? As-tu des conseils à leur donner ?

« Ce n’est pas une question de genre, mais de confiance. Il n’y a pas un seul profil pour réussir dans le numérique. Ce n’est pas nécessaire d’être passionnée par les mathématiques dès le départ ni de maîtriser le codage. Ces compétences s’apprennent avec le temps, alors laissez-vous l’opportunité de vous former, et d’apprendre. »

J’aimerais dire à toutes les jeunes filles qui souhaitent se lancer dans les sciences ou les technologies, que ce n’est pas nécessaire d’être passionnée par les mathématiques dès le départ ni de maîtriser le codage. Ces compétences s’apprennent avec le temps, alors laissez-vous l’opportunité de vous former, et d’apprendre. Je pense qu’il faut vous renseigner sur les différents métiers du numérique et de l’ingénierie pour découvrir ce qui vous passionne vraiment. Personnellement, c’est de comprendre comment les choses fonctionnent et à quoi elles vont servir qui m’intéresse, l’impact de ce que je crée lus que la technique en tant que telle. En prenant du recul et en découvrant les possibilités qu’offrent les sciences, vous pourrez rêver grand et trouver votre voie. Ce n’est pas une question de genre mais de confiance. Vous en êtes capables.

La Fondation Inria lance la Chaire «Marchés et Apprentissage» avec le soutien de cinq grandes entreprises françaises

Comment révolutionner les marchés économiques grâce à l’IA ? C’est pour relever ce défi que la Fondation Inria lance la chaire de recherche « Marchés et Apprentissage » et accueille en France l’éminent chercheur américain Michael I. Jordan, professeur émérite à l’Université de Californie à Berkeley et figure de proue de la recherche en apprentissage automatique dans le monde. Lancée le 1er juillet 2024 à l’occasion d’une journée kick-off exceptionnelle, elle bénéficie du soutien de cinq grandes entreprises mécènes : Air Liquide, BNP Paribas Asset Management, EDF, Orange et la SNCF.

5 septembre 2024 / mis à jour le 19 septembre 2024

Une vision interdisciplinaire et novatrice

Situés à l’intersection entre économie et intelligence artificielle, les travaux de Jordan visent à révolutionner l’utilisation de l’IA en l’appliquant à des domaines complexes et imprévisibles tels que les marchés. Cette approche novatrice combine l’économie, les statistiques, l’optimisation et l’apprentissage automatique pour développer des solutions inédites. Grâce à cette vision interdisciplinaire, la Chaire ouvre la voie à de nombreuses applications concrètes dans des secteurs aussi variés que la santé, l’environnement, la finance, la logistique ou encore l’aménagement du territoire. L’objectif est d’utiliser l’IA coordonnée aux incitations économiques du marché et aux défis complexes de notre société moderne pour faciliter la prise de décision.

« L’intelligence artificielle, pour qu’elle soit utile et efficace, doit pouvoir comprendre et s’adapter aux comportements humains et aux incitations économiques. C’est en combinant économie, statistique, optimisation et machine learning que nous pourrons relever les défis des marchés modernes. »

Des applications concrètes et prometteuses

Cette vision interconnectée de l’intelligence artificielle ouvre la voie à de multiples applications concrètes à même de transformer notre quotidien :

  • Marchés adaptatifs : création de nouvelles formes de marchés numériques reliant les créateurs et innovateurs, les consommateurs et les marques pour créer des emplois. 
  • Gestion du trafic urbain : amélioration des systèmes de transport grâce à des algorithmes prédictifs et des incitations.
  • Quantification de l’incertitude en sciences et technologies : développement de méthodes pour quantifier et atténuer l’incertitude et les biais dans les systèmes hybrides humains et IA. 

« La quantification de l’incertitude et la réduction des biais dans les systèmes hybrides, où l’humain et l’IA interagissent, sont essentielles pour garantir des résultats fiables et équitables. Nos recherches visent à développer des méthodes robustes pour atteindre ces objectifs. »

Un soutien mécène déterminant

Accueilli grâce à un soutien significatif d’Inria à travers la mise à disposition de moyens dédiés pour constituer un environnement de recherche de qualité dans son centre parisien au sein de l’équipe-projet commune SIERRA (ENS-PSL/CNRS/Inria), Michael I. Jordan mènera ses travaux en tant que responsable scientifique de la Chaire portée par la fondation.

La réussite de la Chaire repose également sur un mécénat fort conclu avec cinq grandes entreprises françaises : Air Liquide, BNP Paribas Asset Management, EDF, Orange et la SNCF. Outre leur soutien financier qui vient compléter celui d’Inria, ces entreprises leaders dans leurs secteurs respectifs apporteront également leur expertise sectorielle et leurs cas d’usage, facilitant le transfert technologique de la recherche en sciences du numérique.

« Je me réjouis de cette collaboration installée dans le cadre de la Chaire. Grâce à ce mécénat, la Fondation Inria renforce son engagement à soutenir la recherche en sciences du numérique et l’innovation technologique, et à accompagner les chercheuses et chercheurs de renom dans leurs travaux pionniers. »

Bruno Sportisse : « Pour garder la maîtrise de l’IA, renforçons la recherche, la formation et l’innovation dans le numérique ! »

29 mars 2023 / mis à jour le 10 mai 2023

Dans cette tribune publiée dans Le Figaro, Bruno Sportisse, PDG d’Inria, partage son point de vue sur la stratégie que la France devrait adopter pour s’imposer dans la course à l’IA et asseoir sa souveraineté numérique. 

Le succès récent d’OpenAI et de ChatGPT, tout droit venus des États-Unis, a remis l’intelligence artificielle et le numérique au cœur des débats. Une opportunité pour la France, selon Bruno Sportisse, de renforcer son engagement dans la course au numérique, tout en s’interrogeant sur son sens, les progrès technologiques pouvant à la fois proposer des solutions mais aussi soulever de nouvelles questions d’ordre éthique et sociétal. 

Pour lui, la France doit adopter une vision à long terme et une stratégie construite autour de trois axes structurants : investir dans la recherche, dans la formation, et développer un tissu entrepreneurial et industriel dynamique. C’est cette création d’un écosystème fort autour du numérique qui pourra, selon le PDG d’Inria, permettre à la France de renforcer sa souveraineté numérique et de s’imposer à l’international comme un acteur clé du numérique.

« C’est une stratégie d’écosystème, qui doit maîtriser parfaitement les caractéristiques de chacune de ses composantes et dont chaque composante sait qu’elle fait partie d’un tout : le temps de la recherche n’est pas celui d’une start-up, les modalités de financement de la formation ne sont pas celles du capital-risque (…). C’est cette stratégie, abolissant les couloirs et les silos toujours enclins à se reconstruire, qui est gagnante sur le long terme. »

Crédits photo : Inria / Photo W. Parra

Le Français qui a vu naître Google

23 juillet 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Stanford, 1995. Larry Page et Sergueï Brin, alors étudiants, travaillent sur un nouveau modèle de moteur de recherche pour le tout nouveau Web, donnant naissance à ce qui deviendra très vite Google. Alors professeur au sein de la prestigieuse université californienne, Serge Abiteboul, directeur de recherche chez Inria et membre du conseil d’administration de la Fondation Inria, revient sur la genèse du géant du web qu’il a pu observer aux premières loges au micro de Xavier de La Porte sur France Inter dans l’émission « Le code a changé ».

Crédits photo : Pexels

Bruno Sportisse : « Il n'y aura pas de souveraineté numérique européenne sans maîtrise du logiciel » 

21 février 2022 / mis à jour le 23 janvier 2023

Bras armé de la souveraineté numérique française, notamment face à l’hégémonie contemporaine des Gafam, Inria s’impose depuis sa création en 1967 comme un acteur incontournable de la recherche et de l’innovation en France. Soutien aux politiques publiques, mise en place de partenariats industriels forts avec le secteur privé, accompagnement à l’innovation de rupture à travers la création de startups issues de la recherche… depuis son arrivée en 2018, Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de sa fondation, redynamise le positionnement de l’institut en renouant avec ses missions historiques : favoriser l’innovation technologique en accompagnant la recherche en sciences du numérique pour créer les standards numériques de demain. Une ambition qu’il expose dans cette interview parue dans La Tribune.

Crédits photo : Thomas Bour

Souveraineté numérique : « Nous devons prendre la maîtrise des technologies logicielles critiques »

6 février 2022 / mis à jour le 23 janvier 2023

Passer d’une logique de guichet à une logique d’écosystème liant universités, entreprises, startups et financeurs ? C’est, selon Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de la Fondation Inria, le meilleur levier d’action pour soutenir l’innovation et permettre à l’Europe de préserver et consolider sa souveraineté numérique, défi majeur de notre siècle, en particulier face à l’hégémonie des géants américains du secteur. Il nous en parle dans cette interview accordée à L’Opinion à l’occasion d’une conférence sur la souveraineté numérique de l’Europe donnée à Bercy les 7 et 8 février 2022.

Crédits photo : Inria / Photo M. Magnin

4 questions à Nelly Haudegand, nouvelle directrice générale de la Fondation Inria

Le 3 janvier 2022, Nelly Haudegand a succédé à Jean-Baptiste Hennequin au poste de directrice générale de la Fondation Inria. L’occasion d’échanger avec elle sur son parcours et sa vision pour le développement de la fondation.

10 janvier 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Vous êtes désormais directrice générale de la Fondation Inria. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’exerce depuis une quinzaine d’années des fonctions de directrice de la communication. D’abord à l’Ifop, puis à l’Union sociale pour l’habitat et enfin à l’Assurance Maladie où j’ai dirigé pendant huit ans la communication interne aussi bien qu’externe avec un large spectre d’intervention… Avant de basculer dans la communication, le premier tiers de ma carrière a été consacré aux études et au conseil en stratégie.

Ces vingt années m’ont permis de développer une double culture business/intérêt général et de travailler dans des environnements très différents. Ainsi, j’ai pivoté plusieurs fois : du privé vers le public, du conseil vers l’annonceur, de la TPE à des organisations complexes/matricielles de plus de 80 000 collaborateurs, d’une communication BtoB à une communication BtoBtoC. Pendant toutes ces années, ce qui m’a animée, c’est d’apporter aux organisations et à leurs dirigeants une compréhension fine de leurs enjeux, de les traduire en un récit de marque et de mobiliser les parties prenantes pour accompagner les transformations nécessaires.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre la Fondation Inria ?

Amenée par mes fonctions à affronter la crise sanitaire de l’intérieur, j’ai été profondément marquée par l’importance et même le caractère décisif du partenariat public/privé dans la résolution de problématiques sensibles voire cruciales comme, par exemple, la vaccination anti-Covid. Face à la multiplication de grands risques en tous genres, sanitaires, environnementaux, géopolitiques, technologiques… je suis convaincue que les entreprises, aux côtés des pouvoirs publics, peuvent et doivent jouer un rôle moteur dans la transformation de la société et que ce mouvement est appelé à s’intensifier dans un contexte notamment marqué par la Loi Pacte. En d’autres termes, je crois qu’il n’y aura plus de business possible sans engagements responsables et durables.

C’est pourquoi j’ai voulu mettre mes compétences au service d’une fondation soucieuse de développer ces ponts avec le monde de l’entreprise… Et contribuer ainsi à développer des projets d’intérêt général qui permettent d’améliorer la vie des gens grâce aux sciences et technologies du numérique.

En effet, quoi de plus engageant que le numérique qui est partout dans nos vies ? À l’Assurance Maladie, j’ai eu l’opportunité de créer la première plateforme d’entraide sur les droits et les démarches, le forum ameli, et d’accompagner toutes les innovations en matière de e-santé : applications Activ’Dos et Asthm’Activ’, téléconsultations, e-prescription, e-carte Vitale, Dossier Médical Partagé, Mon espace santé… Ce faisant, j’ai mesuré l’importance considérable et croissante que revêt le numérique en matière de santé, de prévention, de qualité de la prise en charge ou encore, d’organisation et d’efficience du système de soins. Mais les domaines applicatifs ne se limitent pas à la santé ! Intelligence artificielle frugale, agriculture de précision, préservation des données personnelles, lutte contre la désinformation, explicabilité et régulation des algorithmes, cryptologie… les quelques 220 équipes-projets d’Inria sont mobilisées sur tous ces sujets et beaucoup d’autres encore.

En bref, je suis extrêmement heureuse de pouvoir apporter ma pierre à un projet qui me semble nécessaire et même vital à un moment de l’histoire qui voit la convergence de crises multiples.

Quelles sont désormais vos missions au sein de votre nouvelle fonction ?

J’ai pour mission d’accélérer le développement de la Fondation Inria. Après ces années Covid qui ont entravé son essor, celle-ci se prépare à un nouveau départ ! Beaucoup de choses ont été faites, le positionnement est clair, mais nous avons à l’opérationnaliser, à le traduire en programmes, à préciser nos modes de fonctionnement.

L’année 2022 va être largement consacrée à structurer, appuyer et outiller la recherche de mécènes. Nous allons qualifier plus finement les « enjeux » sanitaires, environnementaux, éducatifs et éthiques auxquels nous ambitionnons de répondre en identifiant, derrière ces enjeux, les « programmes » à impact permettant de faire le pont entre les besoins de société, les préoccupations des entreprises et la recherche. Nous allons aussi nous employer à définir les modes opératoires permettant la bonne mise en œuvre de ces programmes : matrice-type d’un programme ; système de reconnaissance ; modélisation des financements et moyens humains nécessaires ; qualification des process internes… Et bien sûr, nous avons à arrêter le discours de mobilisation et les outils qui le déclinent, parmi lesquels le nouveau site web de la fondation, puisque nous allons lancer le chantier de sa refonte.

Avec le soutien de l’équipe, en lien étroit avec le président Bruno Sportisse et le conseil d’administration, avec tous nos partenaires et donateurs, c’est avec détermination et enthousiasme que je vais conduire ces travaux !

Quels sont vos objectifs pour la Fondation Inria ? Que souhaitez-vous accomplir ? 

Nous vivons actuellement une transformation numérique rapide de nos sociétés. Cela ouvre de formidables opportunités, mais soulève également de nombreuses questions éthiques. Je ne suis pas naïve, personne ne peut plus l’être aujourd’hui tant les exemples de dérives fourmillent, le numérique est un outil d’aliénation autant que d’émancipation. Je considérerai que nous aurons réussi dans notre projet si nous parvenons à l’utiliser en conscience, à escient, sans tabou ni angélisme, pour répondre efficacement aux grandes causes qui sont devant nous. L’impact, oui, cent fois oui, mais sans externalités négatives nouvelles !

Crédits photo : Nelly Haudegand