Une tribune pour encourager le développement d’un numérique de confiance

20 avril 2023 / mis à jour le 10 mai 2023

Que ce soit dans la sphère professionnelle ou dans la sphère personnelle, le numérique est aujourd’hui omniprésent dans nos vies et a profondément changé nos modes de communication et de consommation ainsi que notre manière de participer à la vie démocratique. Or, si les usages numériques ne cessent de croître, près de la moitié des Français n’ont pas confiance dans les services en ligne qu’ils utilisent pourtant quotidiennement, selon le dernier Baromètre de la confiance des Français dans le numérique de l’Acsel. 

Face à ce constat, la Fondation Inria s’associe à Docaposte (Groupe La Poste), la Caisse des Dépôts et l’ANSSI dans une tribune publiée dans La Tribune et lance un appel à développer des services de confiance pour une vie numérique sereine au quotidien. 

À travers l’initiative #ConfianceNumériqueDuQuotidien que porte cette tribune, les cinq signataires invitent tous les autres acteurs et organisations inscrits dans le quotidien des Français, mais aussi l’ensemble des citoyens, à prendre part à la construction d’un écosystème d’acteurs responsables et souverains. Ensemble, ils souhaitent défendre une ambition forte : dessiner les contours d’une société numérique sereine où règne la confiance grâce à des services numériques éthiques et responsables. 

« La confiance numérique ne doit pas être un sujet réservé aux experts ou aux décideurs politiques. C’est un enjeu citoyen, auquel chacun doit pouvoir s’intéresser et contribuer pour être acteur de son destin numérique. Nous voulons montrer que des alternatives existent, et nous considérons que notre responsabilité est d’accompagner et d’innover pour améliorer la vie des Françaises et des Français. »

Bruno Sportisse : « Pour garder la maîtrise de l’IA, renforçons la recherche, la formation et l’innovation dans le numérique ! »

29 mars 2023 / mis à jour le 10 mai 2023

Dans cette tribune publiée dans Le Figaro, Bruno Sportisse, PDG d’Inria, partage son point de vue sur la stratégie que la France devrait adopter pour s’imposer dans la course à l’IA et asseoir sa souveraineté numérique. 

Le succès récent d’OpenAI et de ChatGPT, tout droit venus des États-Unis, a remis l’intelligence artificielle et le numérique au cœur des débats. Une opportunité pour la France, selon Bruno Sportisse, de renforcer son engagement dans la course au numérique, tout en s’interrogeant sur son sens, les progrès technologiques pouvant à la fois proposer des solutions mais aussi soulever de nouvelles questions d’ordre éthique et sociétal. 

Pour lui, la France doit adopter une vision à long terme et une stratégie construite autour de trois axes structurants : investir dans la recherche, dans la formation, et développer un tissu entrepreneurial et industriel dynamique. C’est cette création d’un écosystème fort autour du numérique qui pourra, selon le PDG d’Inria, permettre à la France de renforcer sa souveraineté numérique et de s’imposer à l’international comme un acteur clé du numérique.

« C’est une stratégie d’écosystème, qui doit maîtriser parfaitement les caractéristiques de chacune de ses composantes et dont chaque composante sait qu’elle fait partie d’un tout : le temps de la recherche n’est pas celui d’une start-up, les modalités de financement de la formation ne sont pas celles du capital-risque (…). C’est cette stratégie, abolissant les couloirs et les silos toujours enclins à se reconstruire, qui est gagnante sur le long terme. »

Crédits photo : Inria / Photo W. Parra

Blockchain : une technologie en voie de verdissement ?

ID (L’info durable), média d’information dédié au développement durable, vient de consacrer un article à la blockchain, dans lequel Serge Abitboul, directeur de recherche chez Inria et membre du conseil d’administration de la Fondation Inria, alerte sur le « gaspillage » sans justification induit par les protocoles actuels.

21 mars 2023 / mis à jour le 28 avril 2023

64 millions de tonnes de CO2. C’est ce que rejetterait chaque année, selon l’Université de Cambridge, la plus connue des monnaies virtuelles, le Bitcoin, soit une empreinte carbone similaire à celle d’un pays tel que le Belarus. Loin d’être « virtuel », l’impact environnemental des cryptomonnaies est bien réel, en partie parce qu’il repose sur la blockchain.

Née en 2008, cette technologie révolutionne la finance car elle permet de stocker et de transmettre des informations sans organe central de contrôle, assurant de ce fait de hauts standards de transparence et de sécurité. Pour cela, elle repose sur un réseau d’utilisateurs qui vérifient la validité des transactions. Cette activité de « minage » nécessite des super-ordinateurs, qui consomment énormément d’électricité.

Pourtant, selon Serge Abiteboul, des alternatives existent, qui permettraient de limiter l’impact écologique négatif de la blockchain. Un virage nécessaire et même impérieux pour cette technologie dont les promesses pourraient s’étendre à d’autres utilisations que les cryptomonnaies.

FedMalin : le Groupe La Poste soutient un Défi Inria dans son exploration des possibilités offertes par l'apprentissage fédéré

L’apprentissage fédéré (federated learning en anglais) est aujourd’hui l’un des champs les plus prometteurs des sciences des données. Lancé le 28 novembre 2022 au centre Inria de Paris, le défi FedMalin porté par Inria vise à faire progresser la recherche sur ce thème hautement stratégique, avec de multiples applications possibles, notamment dans le champ de la santé. Mobilisant des équipes et moyens sans précédent sur la thématique, il bénéficie d’un soutien décisif du Groupe La Poste dans le cadre de son mécénat conclu avec la Fondation Inria.

28 novembre 2022 / mis à jour le 28 avril 2023

L’apprentissage fédéré, un champ dynamique et prometteur de recherche

Nouveau paradigme dans le champ des algorithmes, des bases de données et de l’apprentissage automatique (machine learning), l’apprentissage fédéré consiste à déployer des algorithmes de machine learning sur des données de plusieurs entités stockées localement. Ainsi, si les données sont décentralisées et restent la propriété de leurs entités hôtes, les résultats des apprentissages et de leur exploitation peuvent être mis en commun entre membres d’un même réseau.

En travaillant sur des volumes toujours plus importants de données, cette mécanique d’apprentissage fédéré permet d’obtenir des résultats significatifs et de développer des modèles prédictifs dans de nombreux champs. Mais elle soulève également de nouvelles questions telles que la confidentialité des données sous-jacentes, la consommation d’énergie des systèmes d’apprentissage, la personnalisation ou encore les effets des corrélations spatiales et temporelles. C’est pour répondre à ces questions qu’Inria a lancé le Défi FedMalin (Federated Machine Learning over the Internet), soutenu par la Fondation Inria et le mécénat du Groupe La Poste. D’une ampleur inédite, ce défi scientifique regroupe 10 équipes de recherche (COATI, COMETE, DYOGENE, EPIONE, MAGNET, MARACAS, NEO, SPIRALS, TRIBE, WIDE) et se structure autour de 6 work packages. La responsabilité scientifique est assurée par Aurélien Bellet et Giovanni Neglia (Inria).

6 work packages pour répondre aux défis de l’apprentissage fédéré :

  1. Privacy and Fairness : répondre aux questions spécifiques relatives à la protection des données dans un contexte d’apprentissage fédéré.
  2. Energy : quantifier les consommations énergétiques des algorithmes actuels et en développer de nouveaux, plus sobres.
  3. Personalization : explorer les possibilités théoriques et pratiques de personnalisation (recommandations, autocompletion de textes) à l’échelle de l’utilisateur grâce à des résultats issus d’un apprentissage fédéré.
  4. Location-dependent models : développer des modèles d’apprentissage fédéré basés sur des flux de données captés localement (capteurs sur un bâtiment, smart city…).
  5. Experimentation and software development : développer un environnement de logiciels et technologies à même de faciliter les expérimentations des autres work packages et plus globalement de la communauté scientifique.
  6. Concrete Use Case : développer des applications concrètes, notamment dans les champs de la médecine et de la « mesure de foules » (crowdsensing).

Des applications prometteuses, à condition de relever le défi de la protection des données

Les travaux du Défi FedMalin sont pour le moment essentiellement dédiés à des applications dans le monde hospitalier et de la santé. Il vise trois objectifs : analyser et garder les données localement, enrichir les modèles centraux avec les éléments appris localement et adapter les modèles locaux à leurs biais particuliers.

Dans le cadre de ce défi, des collaborations avec la Cnil et plusieurs institutions médicales telles qu’Unicancer Hospitals, le CHU de Lille et le Groupement de Coopération Sanitaire G4 (qui, depuis 2004, réunit les CHU d’Amiens, Caen, Lille et Rouen) sont prévues pour lancer différentes expérimentations d’apprentissage fédéré.

En déployant des algorithmes de machine learning sur les données médicales d’un nombre important de structures de santé (imagerie médicale, données cliniques et biologiques), il devient possible de construire des modèles statistiques prédictifs quant à l’évolution de l’état de santé des patients concernés.

Si les possibilités médicales ouvertes par l’apprentissage fédéré sont vastes, la sensibilité des données sous-jacentes (données de santé personnelles des patients) est importante. Le Défi FedMalin s’attache ainsi à développer ses expérimentations en garantissant la confidentialité de ces données et en réduisant les risques d’intrusions. Cela passe notamment par la mise en place de protocoles respectueux des règles de confidentialité des données locales, le renforcement de la sécurité des algorithmes, ou la préférence pour des solutions open source, transparentes pour les parties prenantes du système.

C’est cette articulation entre sécurité des données, mobilisation d’un système distribué et enrichissement de modèles centraux qui a notamment motivé le soutien du Groupe La Poste.

Une recherche décisive dans un environnement fortement compétitif

Le lancement de ce défi se fait dans un moment d’accélération des recherches en matière d’apprentissage fédéré. Toutefois, si la recherche progresse, les applications restent encore limitées. En mettant en place un programme de recherche de cette ampleur, Inria prend une position centrale sur cette thématique stratégique. Le développement de solutions open source, concurrentes des logiciels propriétaires existants, permettra des avancées à large échelle de la communauté et une contribution décisive des équipes Inria.

L’apprentissage fédéré fait ainsi figure d’alternative aux modèles centralisés de type cloud portés par les grandes firmes américaines : les données restent la propriété des parties prenantes, sont stockées localement, traitées par des logiciels open source, tout en ouvrant des possibilités de traitement de jeux de données à grande échelle.

Exploiter les potentiels d’innovation des données et du machine learning par des solutions décentralisées, transparentes et respectueuses des personnes et de l’environnement : il s’agit là d’un projet emblématique de l’enjeu de société numérique de confiance porté par la Fondation Inria avec le soutien décisif du Groupe La Poste.

Crédits photo : Inria / photo G. Scagnelli

Horizons numériques : rencontre avec Fiona Joseph, coordinatrice-tutrice du Campus connecté Sud Gironde

Ouvrir les « horizons numériques » de nombreux jeunes et moins jeunes, partout en France, telle est l’ambition de la Fondation Inria et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le cadre de leur initiative commune Horizons numériques. Lancée en mars 2022 et adossée au programme « Campus connectés », celle-ci a pour ambition d’offrir, grâce au numérique, de nouvelles perspectives, tant professionnelles que personnelles, aux publics touchés par les fractures territoriales. Rencontre avec Fiona Joseph, coordinatrice-tutrice du Campus connecté Sud Gironde à Saint-Macaire, pour une plongée dans le quotidien du dispositif.

6 octobre 2022 / mis à jour le 4 mai 2023

En tant que coordinatrice-tutrice du Campus connecté Sud Gironde à Saint-Macaire, quelles sont vos activités au quotidien ?

Ma mission consiste à assurer le suivi individuel et collectif des étudiants du campus connecté ainsi qu’à animer et coordonner le dispositif qui est porté par le Pôle Territorial du Sud Gironde, un syndicat mixte auquel adhèrent plusieurs communautés de communes du Sud Gironde.

Au quotidien, mes activités se regroupent en trois catégories. D’une part, les activités portant sur l’accompagnement individuel des étudiants : au cours de mes entretiens individuels avec eux, je leur apporte des conseils d’ordre méthodologique, organisationnel ou encore motivationnel qui concernent aussi bien leur progression pédagogique que leurs démarches d’orientation et d’insertion professionnelle. Je peux aussi me mettre en relation avec leur établissement d’enseignement supérieur pour faciliter des démarches administratives ou le suivi pédagogique. Je peux enfin leur proposer des mises en relation avec des acteurs de l’orientation ou de l’insertion professionnelle actifs en Sud Gironde.

D’autre part, les activités portant sur l’accompagnement collectif et l’animation de la vie étudiante : il s’agit là à la fois de créer et d’entretenir une dynamique de groupe qui soit cohésive, positive et stimulante ; par ailleurs de proposer des ateliers hebdomadaires répondant à des enjeux variés (bien-être, enrichissement culturel, échanges autour d’enjeux sociétaux, développement de compétences transversales, préparation à l’insertion professionnelle, etc.).

Et enfin, les activités de coordination du dispositif qui concernent pour l’essentiel la promotion de celui-ci sur le territoire Sud Gironde et le développement de relations partenariales en lien avec l’animation du campus connecté et le développement de l’offre de formations sur le territoire.

Quels impacts attendre, à terme, des Campus connectés sur votre territoire ?

Le dispositif Campus connectés a pour raison d’être de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur ou la formation professionnelle en Sud Gironde, lesquels constituent un tremplin vers l’activité professionnelle – qu’il s’agisse d’une première expérience ou plutôt d’une évolution ou reconversion. Il répond à un besoin du territoire dans la mesure où l’offre de formation de niveau postbac en présentiel est limitée. Par son fonctionnement souple, il répond également aux attentes des étudiants qui, pour la grande majorité d’entre eux, ont un engagement professionnel en dehors de leur formation.

Toutefois, la formation à distance, quelle qu’elle soit, est exigeante et requiert discipline, régularité et persévérance. À travers l’accompagnement individuel et la dynamique de groupe, les étudiants inscrits au campus connecté augmentent leurs chances de valider leur formation. En venant au campus connecté, ils disposent également d’un lieu, d’un équipement bureautique et d’une connexion Internet indispensables à leur progression et à leur réussite. 

Le territoire Sud Gironde envisage de faire évoluer le campus connecté aujourd’hui tout entier situé à Saint-Macaire en un réseau de trois sites répartis sur le territoire. Quels seraient les avantages d’un tel maillage géographique ?

Le dispositif Campus connectés propose un accès à l’enseignement supérieur ou à la formation professionnelle à proximité de chez soi. Le Sud Gironde regroupe plusieurs communautés de communes, il s’agit d’un territoire important en superficie. Certains étudiants ont un temps de transport relativement long pour se rendre dans les locaux du campus connecté ; d’autres peuvent rencontrer des difficultés à se déplacer s’ils ne sont pas véhiculés. Déployer le campus sur plusieurs sites en Sud Gironde permettrait de le rapprocher davantage des résidents et donc de faciliter encore plus l’accès à la formation. Cela permettrait également de renforcer la visibilité et la dynamique du dispositif et enfin d’accentuer son ancrage territorial en envisageant davantage de liens avec le tissu économique local.

Qu’est-ce qui vous a fait vous intéresser au projet Horizons numériques et vous inscrire au groupe de travail mis en place dans le cadre de ce projet ?

J’ai perçu une adéquation forte entre l’initiative Horizons numériques et la finalité du campus connecté Sud Gironde : ouvrir de nouveaux horizons aux résidents du territoire. En apportant à l’équipe de la Fondation Inria un éclairage sur les profils de nos étudiants, j’ai vu une opportunité d’encourager le développement de l’offre de formations dans les domaines du numérique, via des micro-certifications par exemple, et de participer à une réflexion concernant la création de ponts entre formation et emploi autour du numérique. Participer au groupe de travail m’a incitée en effet à mieux comprendre les besoins en compétences numériques des acteurs économiques du territoire et ainsi appréhender autrement la plus-value que représente le déploiement du campus connecté en Sud Gironde.

Propos recueillis par Fernanda Arias Gogin

Crédits photo : Fiona Joseph © GAUTIER DUFAU

Le Groupe La Poste, Inria et la Fondation Inria : un partenariat fort pour une société numérique fondée sur la confiance 

Le 30 mars 2021, La Poste, Inria et la Fondation Inria signaient une convention de mécénat pour faire avancer ensemble la recherche en sciences et technologies du numérique. Exploitation éthique des données, développement de la e-santé… retour sur les premiers projets et actions à impact lancés dans le cadre de ce partenariat guidé par l’intérêt général.

30 septembre 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Un mécénat pour restaurer la confiance dans le numérique

Réunis autour d’un socle de valeurs communes, La Poste, Inria et la Fondation Inria partagent la volonté de construire une société numérique fondée sur la confiance. Conjuguant l’engagement de La Poste sur les sujets de transformation technologique et l’expertise scientifique d’Inria sur les enjeux de souveraineté numérique, le partenariat de mécénat qui se déploie depuis avril 2021 vient soutenir le développement de solutions responsables face à la digitalisation de la société.

Portant sur des thèmes correspondant aux engagements sociétaux du Groupe La Poste – le numérique au service du développement durable, la santé numérique ou encore la sécurité et la protection des données des usagers -, le cadre du mécénat décline ses actions selon trois modalités prioritaires :

  • projets de recherche-développement contribuant de manière significative au progrès des connaissances fondamentales diffusées librement au sein de la communauté scientifique internationale et participant à la résolution de problèmes concrets à fort impact applicatif dans des domaines scientifiques en synergie avec les problématiques technologiques du Groupe La Poste ;
  • valorisation de la recherche menée par Inria à travers le soutien au développement des activités de son Startup Studio, suivant les sujets d’intérêt de La Poste ;
  • développement des opportunités de carrières offertes aux doctorants, ingénieurs et post-doctorants afin de répondre aux besoins croissants d’expertise et de compétences en matière de technologies de pointe en France. Inria contribue ainsi à la formation au numérique de près d’un millier de jeunes chercheurs et ingénieurs qui quittent chaque année l’institut après avoir été associés au développement de projets technologiques de haut niveau.

Un soutien résolu à la prise de risque scientifique

Les premières réalisations du mécénat se sont portées vers le soutien aux « Actions exploratoires », un dispositif mis en place par Inria visant à faire émerger des thématiques de recherche novatrices en donnant aux scientifiques les moyens de tester des idées originales mais risquées. La conduite de ces projets, sous forme de galops d’essai, donne la part belle à l’intuition des chercheurs en mobilisant des ressources suffisantes pour une période exploratoire de 18 à 24 mois. Un certain nombre d’actions exploratoires ont ainsi été soutenues dès la première année de mécénat, répondant à deux thématiques prioritaires parmi celles identifiées en 2021.

Améliorer les services numériques dans le domaine de la santé

Les outils numériques, tout en permettant des progrès significatifs dans le domaine de la santé, mettent à l’épreuve la protection des données des patients. Parmi les pistes explorées, le projet FLAMED propose d’étudier une approche décentralisée de l’intelligence artificielle appliquée à la santé. En étroite collaboration avec le Centre hospitalier universitaire de Lille, cette action exploratoire soutenue par La Poste expérimente un système d’apprentissage machine de pointe, garant de la conservation des données en interne. Action connexe bénéficiant aussi du soutien de La Poste, MAMMALS vise pour sa part à fournir des inférences à faible latence en exécutant, à proximité de l’utilisateur final, des modèles simples d’apprentissage automatique qui peuvent également exploiter une (petite) base des données locales.

Redonner confiance dans le numérique

Les algorithmes, responsables aujourd’hui d’un certain nombre de décisions, présentent un biais initial : la quantité et la sélection d’informations auxquelles ils donnent accès. Les projets Inria proposent de rendre plus transparent et intelligible le fonctionnement sous-jacent de ces logiciels. C’est le cas, notamment, de l’action exploratoire IDEM soutenue par La Poste, dont la vocation est de développer de nouveaux modèles mathématiques permettant de prédire le comportement d’agents autonomes dans le cadre d’une prise de décision décentralisée.

Un mécénat qui s’inscrit dans la durée

La Poste et la Fondation Inria inscrivent leur collaboration dans le temps long, celui de la recherche. Elles le font particulièrement via le financement de « Défis » – projets de recherche de grande envergure menés par plusieurs équipes Inria sur une période de quatre années. C’est le cas, notamment, du Défi FedMalin (FEDerated MAchineLearning over the Internet), qui sera lancé en novembre prochain et qui vise à apporter une contribution décisive au champ prometteur de l’apprentissage fédéré. C’est le cas, également, du Défi HyAiAi qui porte sur la création d’un « machine learning interprétable » à travers l’étude et la conception d’approches hybrides combinant des modèles numériques de pointe avec des modèles symboliques explicables. Plus précisément, l’objectif est ici de pouvoir intégrer des contraintes de haut niveau dans les modèles d’apprentissage automatique, de donner aux concepteurs de modèles des informations sur les parties les moins performantes du modèle et de fournir au profane des explications compréhensibles sur les résultats de ce dernier.

Un an et demi après la signature de la convention de partenariat, les échanges nourris entre La Poste, Inria et la Fondation Inria ont permis d’identifier et lancer des actions structurantes dans les domaines de la santé aussi bien que du numérique responsable. Avec la médiation active de la fondation, la collaboration entre les équipes s’est organisée et intensifiée à travers un comité de suivi des projets, des groupes de travail thématiques ou des visites de site.

Crédits photo : Pixabay

D'autres réseaux sociaux sont possibles

12 septembre 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Les réseaux sociaux font partie intégrante de notre quotidien

Véritable pharmakon moderne, les réseaux sociaux font ressortir le meilleur comme le pire de notre société. Gestion douteuse des données privées, incitation à la surconsommation, fake news… sont autant de raisons de vouloir s’émanciper de ces interfaces numériques. Ils sont pourtant des lieux d’information sans intermédiaire et restent les supports principaux des luttes contre les dictatures et les envahisseurs. Plutôt que de les éradiquer ou les abandonner, ne devrions-nous donc pas essayer de les réinventer ? C’est le parti pris que Serge Abiteboul, directeur de recherche chez Inria et membre du conseil d’administration de la Fondation Inria, et Jean Cattan, spécialiste du droit de la régulation et du numérique, défendent dans leur livre Nous sommes les réseaux sociaux paru en 2022 aux éditions Odile Jacob.

Crédits photo : Pixabay

Le Français qui a vu naître Google

23 juillet 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Stanford, 1995. Larry Page et Sergueï Brin, alors étudiants, travaillent sur un nouveau modèle de moteur de recherche pour le tout nouveau Web, donnant naissance à ce qui deviendra très vite Google. Alors professeur au sein de la prestigieuse université californienne, Serge Abiteboul, directeur de recherche chez Inria et membre du conseil d’administration de la Fondation Inria, revient sur la genèse du géant du web qu’il a pu observer aux premières loges au micro de Xavier de La Porte sur France Inter dans l’émission « Le code a changé ».

Crédits photo : Pexels

Anne-Sophie Barthez (MESR) : « Il faut inciter un maximum d’étudiants à voir le numérique comme une opportunité de carrière. »

Ouvrir les « horizons numériques » de milliers de jeunes et de moins jeunes, partout en France, telle est l’ambition de la Fondation Inria et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) dans le cadre de leur initiative commune Horizons numériques. Lancée en mars 2022, celle-ci a pour ambition, dans le cadre du programme « Campus connectés », d’ouvrir de nouvelles perspectives, tant professionnelles que personnelles, au plus grand nombre grâce au numérique. Anne-Sophie Barthez, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle au MESR (DGESIP), nous en dit quelques mots.

15 juin 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Pouvez-vous présenter les Campus connectés et leurs ambitions ?

Les Campus connectés sont des tiers lieux ouverts et conviviaux dans lesquels on peut suivre toutes les formations d’enseignement supérieur à distance et bénéficier d’un accompagnement particulier et spécifique. À tous ces égards, les collectivités territoriales, les universités et les régions académiques jouent un rôle clé.

Il en existe aujourd’hui 88 sur l’ensemble du territoire (métropolitain et ultramarin). Les premiers étudiants qui y sont inscrits y réussissent particulièrement, notamment car, au moins 12h par semaine, ils sont accompagnés par un tuteur qui les conseille, les motive, etc. Ce nouveau modèle de transmission des connaissances nous tient particulièrement à cœur : à nous de les soutenir, de tirer les premiers enseignements de ces campus, d’ajuster ce qui doit l’être et, sans cesse, de s’attacher à ce que l’enseignement supérieur rayonne sur l’ensemble du territoire.

Pourquoi sensibiliser les populations ciblées par les Campus connectés aux opportunités offertes par les formations au numérique ?

Les étudiants accueillis dans les Campus connectés ont une pratique quotidienne du numérique en formation. Ils développent des compétences dans ce qu’on pourrait appeler « apprendre à apprendre avec le numérique », compétences qu’ils pourront mettre en valeur. Cela leur sera utile toute leur vie.

Au-delà de l’usage du numérique, il y a aussi la question de la formation vers les métiers de ce secteur, avec des possibilités d’emploi importantes. Les métiers du numérique ne sont pas que des métiers de cadres supérieurs. Il faut inciter un maximum d’étudiants, à tous les niveaux de formation et sans auto-censure, à voir le numérique comme une opportunité de carrière.

Enfin, il y aussi un public qu’il est essentiel de sensibiliser aux possibilités du numérique : les femmes. 62 % des étudiants des campus connectés sont des étudiantes. Il faut inciter les jeunes femmes à trouver leur place parmi ceux qui pensent et font le numérique de demain.

Qu’attendez-vous du partenariat avec la Fondation Inria ?

Tout d’abord, je remercie la Fondation Inria de s’être intéressée très tôt au dispositif des Campus connectés et d’avoir compris qu’il y avait là de beaux enjeux pour la formation dans les domaines du numérique. Ses équipes ont bien vu qu’avec les Campus connectés il est possible de toucher de nouveaux publics. Identifier des actions pour des publics qui ne sont pas ceux que l’on croise régulièrement, c’est s’obliger à un changement de paradigme, à sortir de sa zone de confort, en quelque sorte. C’est ce que nous faisons avec les Campus connectés et c’est ce qui a attiré la Fondation Inria. Si ce partenariat peut concrètement aider des jeunes à trouver des voies de réussite qu’ils ne pensaient pas possibles, alors nous tiendrons la plus belle des récompenses communes pour la DGESIP (NDLR : Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle au MESR) et la Fondation Inria. Le monde de demain sera évidemment numérique mais je crois qu’il sera aussi un monde du « care » et de l’attention aux autres, notamment dans les services à la personne. Former les jeunes, tous les jeunes, à y trouver leur place est un enjeu sociétal majeur.

Propos recueillis par Fernanda Arias Gogin.

Crédits photo : Mesr-Dgesip / Anne-Sophie Barthez

Favoriser l’accès aux formations au numérique : la Fondation Inria et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation lancent l’initiative « Horizons numériques »

La Fondation Inria et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) lancent l’initiative « Horizons numériques ». Son objectif : favoriser l’accès aux formations au numérique proposées par l’enseignement supérieur pour les étudiants éloignés des grands centres urbains. Inscrite dans le programme « Campus connectés », l’initiative « Horizons numériques » vise à en amplifier l’impact en sensibilisant les populations hésitant à reprendre des études, particulièrement dans des filières qui leur semblent inaccessibles, aux opportunités offertes par les formations au numérique.

16 mars 2022 / mis à jour le 18 mars 2023

Les « Campus connectés », un nouveau dispositif de formation à distance

Les « Campus connectés », programme d’envergure nationale lancé par le MESR en 2019, sont des tiers-lieux de l’enseignement supérieur portés par des collectivités locales. Innovants et collaboratifs, complémentaires des établissements universitaires, ils sont destinés à rapprocher l’enseignement supérieur de tous les territoires, en particulier ruraux.

À ce jour, 89 campus sont labellisés sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin français, proposant de véritables nouveaux lieux de lien social. Ouverts à tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui souhaitent s’engager ou se réengager dans des études, ils offrent la possibilité de suivre une formation du supérieur à distance, dans des conditions favorisant la réussite.

Ouvrir les « horizons numériques », personnels et professionnels, des populations éloignées des centres urbains

Dans un contexte de transformation rapide de nos sociétés, les enjeux de la formation au numérique pour tous, tout au long de la vie, prennent une acuité toute particulière. Aucun secteur d’activité, aucun métier n’échappe à cette mutation de grande ampleur, nécessitant des compétences numériques avancées, de pointe, particulièrement recherchées aujourd’hui. Au-delà des enjeux de recrutement sur des métiers en tension requérant des profils de plus en plus qualifiés, la transformation de la société appelle, pour toutes et tous, des compétences génériques nécessaires dans la vie de tous les jours et pour de très nombreux emplois.

Face à ces enjeux, l’initiative « Horizons numériques » a pour ambition d’ouvrir le champ des possibles, personnels et professionnels, pour tous les jeunes et moins jeunes, postbac ou en reprise d’études, issus des territoires et lieux subissant tout particulièrement l’éloignement géographique et la fracture numérique. Elle s’appuie pour cela sur le dispositif et les outils déjà mis en place dans le cadre des campus connectés et souhaite associer à sa démarche l’ensemble des acteurs et partenaires locaux mobilisés dans cette dynamique (universités, collectivités locales, entreprises…).

« Horizons numériques », des réponses concrètes aux fractures territoriale et numérique

Avec « Horizons numériques », la Fondation Inria et le MESR ambitionnent de :

Sensibiliser

les jeunes et tous les apprenants potentiels des territoires concernés, en particulier les femmes, à la diversité de parcours professionnels qu’ouvre une formation au numérique.

Attirer

davantage de personnes, en particulier les femmes, vers une reprise d’études universitaires dans le large éventail d’alternatives qu’offre le domaine du numérique.

Conseiller et orienter

différents publics vers des formations supérieures en sciences et technologies du numérique, ou vers des formations au numérique dans d’autres contextes disciplinaires.

Motiver

les étudiantes et étudiants des campus connectés inscrits dans des filières numériques à travers des conseils et du soutien de scientifiques.

Développer

l’offre des formations, diplômes et/ou certifications à distance dans les domaines du numérique.

Soutenir

par des bourses et un suivi personnalisé celles et ceux qui, au-delà de leur cursus en campus connectés, se destineraient à un parcours universitaire dans les métiers du numérique.

Créer des ponts

entre formation et emploi autour du numérique en travaillant de manière collaborative en direction des entreprises des territoires, les collectivités et les acteurs concernés.

Crédits photo : Pixels / Kampus Production

Bruno Sportisse : « Il n'y aura pas de souveraineté numérique européenne sans maîtrise du logiciel » 

21 février 2022 / mis à jour le 23 janvier 2023

Bras armé de la souveraineté numérique française, notamment face à l’hégémonie contemporaine des Gafam, Inria s’impose depuis sa création en 1967 comme un acteur incontournable de la recherche et de l’innovation en France. Soutien aux politiques publiques, mise en place de partenariats industriels forts avec le secteur privé, accompagnement à l’innovation de rupture à travers la création de startups issues de la recherche… depuis son arrivée en 2018, Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de sa fondation, redynamise le positionnement de l’institut en renouant avec ses missions historiques : favoriser l’innovation technologique en accompagnant la recherche en sciences du numérique pour créer les standards numériques de demain. Une ambition qu’il expose dans cette interview parue dans La Tribune.

Crédits photo : Thomas Bour

Souveraineté numérique : « Nous devons prendre la maîtrise des technologies logicielles critiques »

6 février 2022 / mis à jour le 23 janvier 2023

Passer d’une logique de guichet à une logique d’écosystème liant universités, entreprises, startups et financeurs ? C’est, selon Bruno Sportisse, PDG d’Inria et président de la Fondation Inria, le meilleur levier d’action pour soutenir l’innovation et permettre à l’Europe de préserver et consolider sa souveraineté numérique, défi majeur de notre siècle, en particulier face à l’hégémonie des géants américains du secteur. Il nous en parle dans cette interview accordée à L’Opinion à l’occasion d’une conférence sur la souveraineté numérique de l’Europe donnée à Bercy les 7 et 8 février 2022.

Crédits photo : Inria / Photo M. Magnin